Perdre sa carte grise ou se la faire voler déclenche une procédure administrative précise : la demande de duplicata du certificat d’immatriculation. La démarche est dématérialisée, le coût fixé à 13,76 euros (taxe fixe de 11 euros et redevance d’acheminement de 2,76 euros). Mais le scénario se complique sérieusement lorsque d’autres documents disparaissent en même temps, notamment la pièce d’identité du titulaire.
Vol simultané de la carte grise et de la pièce d’identité : le blocage à anticiper
Un portefeuille volé contient rarement un seul document. Quand la carte grise disparaît avec la carte nationale d’identité ou le passeport du titulaire, la demande de duplicata se retrouve bloquée. La téléprocédure sur le site de l’ANTS exige une identification valide, soit via FranceConnect, soit par le code confidentiel figurant sur le certificat d’immatriculation original.
FranceConnect repose sur des fournisseurs d’identité (impots.gouv.fr, Ameli, La Poste). Si le titulaire n’a plus accès à aucun de ces comptes, faute de pièce d’identité valide pour les réactiver, la connexion devient impossible. Le code confidentiel de la carte grise, lui, a été volé avec le document.
Il faut d’abord refaire une pièce d’identité avant de demander le duplicata. Service Public le précise pour les cas de vols multiples, mais cette contrainte n’apparaît presque jamais dans les articles consacrés au duplicata de carte grise. Le délai de délivrance d’une carte d’identité varie selon les communes et la période de l’année, ce qui peut repousser la demande de duplicata de plusieurs semaines.
Pour limiter ce risque, conserver une copie numérique du code confidentiel de la carte grise (les quatre caractères imprimés sous le film noir grattable) permet de lancer la procédure ANTS même sans FranceConnect. Cette précaution simple évite un blocage administratif complet.

Déclaration de perte et plainte pour vol : deux démarches distinctes
Les sources officielles distinguent clairement la perte et le vol, mais cette différence reste floue dans beaucoup de contenus en ligne. En cas de perte, le titulaire remplit une déclaration de perte directement lors de la demande en ligne sur le site de l’ANTS. Aucun passage préalable en gendarmerie ou au commissariat n’est requis.
En cas de vol, la procédure change. Il faut d’abord déposer plainte auprès des forces de l’ordre (police ou gendarmerie). Le récépissé de plainte, ou à défaut le formulaire cerfa n°13753*04, sera demandé par le service instructeur lors du traitement du dossier.
- Perte : déclaration intégrée à la téléprocédure ANTS, pas de déplacement physique obligatoire
- Vol : dépôt de plainte préalable auprès de la police ou de la gendarmerie, récépissé à conserver
- Détérioration : scan du document abîmé à joindre lors de la demande en ligne
Cette distinction a un impact concret sur les délais. Un vol déclaré oblige à attendre le récépissé de plainte avant de pouvoir soumettre la demande. Et le duplicata sert aussi à empêcher l’usage frauduleux des papiers volés : le nouveau certificat annule l’ancien, ce qui protège le titulaire en cas d’utilisation malveillante du document d’origine.
Duplicata de carte grise pour un véhicule en leasing ou financé
Un cas rarement détaillé concerne les véhicules en leasing (LOA) ou sous financement. Le certificat d’immatriculation est alors établi au nom de l’organisme propriétaire, pas au nom du conducteur. C’est la société de financement ou de location qui doit engager la demande de duplicata.
Le titulaire apparent du véhicule ne peut pas lancer seul la procédure. Il doit contacter l’organisme créancier, qui désignera un représentant habilité à effectuer la démarche. Un justificatif du créancier ou du financier peut être exigé en complément des pièces habituelles.
Ce point crée un décalage de délai supplémentaire. Le conducteur dépend de la réactivité de l’organisme financier pour récupérer un document qui lui permet de circuler légalement. En pratique, les retours terrain divergent sur ce point : certains organismes traitent la demande en quelques jours, d’autres mettent plusieurs semaines à transmettre les éléments nécessaires.
Certificat provisoire d’immatriculation : circuler pendant le délai de traitement
Validité et limites du CPI
Une fois la demande de duplicata enregistrée, le site de l’ANTS génère un certificat provisoire d’immatriculation (CPI) téléchargeable. Ce document permet de rouler légalement pendant un mois sur le territoire français, en attendant la réception du nouveau certificat d’immatriculation par courrier sécurisé.
Le CPI doit être conservé dans le véhicule. En cas de contrôle routier, il remplace temporairement la carte grise. Sans ce document ni l’original, le conducteur s’expose à une amende pouvant aller jusqu’à 135 euros et à l’immobilisation du véhicule.
Que faire si le délai dépasse un mois
Le CPI expire au bout de 30 jours. Si le duplicata n’est pas encore arrivé, la situation devient juridiquement inconfortable. La téléprocédure ANTS ne prévoit pas de renouvellement automatique du CPI. Le titulaire peut suivre l’avancement de sa demande dans son espace personnel sur le site de l’ANTS, et contacter le service instructeur en cas de retard anormal.

Coût du duplicata selon le type d’immatriculation
Le prix du duplicata dépend du système d’immatriculation du véhicule. Pour les véhicules immatriculés dans le système SIV (format AA-123-BB), le coût total est de 13,76 euros. Pour les véhicules encore enregistrés sous l’ancien format FNI, le duplicata ne coûte que 2,76 euros, correspondant à la seule redevance d’acheminement.
- Véhicule SIV (format AA-123-BB) : 13,76 euros (taxe fixe 11 euros + acheminement 2,76 euros)
- Véhicule FNI (ancien format) : 2,76 euros (redevance d’acheminement uniquement)
- Paiement par carte bancaire lors de la téléprocédure en ligne
Passer par un professionnel de l’automobile habilité et agréé reste possible pour les personnes qui ne peuvent pas effectuer la démarche en ligne. Des frais de service s’ajoutent alors au tarif réglementaire.
Le duplicata conserve le numéro d’immatriculation du véhicule. La mention « duplicata » figure dans les cases Z.1 à Z.4 du nouveau document, avec une date d’émission actualisée. Ce détail permet aux forces de l’ordre de vérifier qu’il s’agit bien d’un remplacement et non du certificat d’origine.

